Il y a un peu plus d’un mois, je vous partageais l’article le plus dur à formuler de ma vie. Mettre des mots sur une tristesse infinie, c’est extrêment difficile, mais aussi libérateur. J’ai toujours eu ce petit coin d’internet pour exprimer par écrit ce qui est si dur à exprimer à l’oral pour moi. Et je voulais vous remercier du fond du coeur pour les mots que vous m’avez envoyés. Déjà, merci d’avoir pris le temps de me lire, et ensuite de m’écrire des mots infiniment doux, me disant que mon article vous avait ému. Grâce à vous, j’ai eu la force de partir, et d’entamer ma guérison. Je voulais vous en parler aujourd’hui !

Comme je l’écrivais dans le précédent chapitre, je ne voyais pas d’autres choix que de partir quelques temps, pas pour fuir, mais pour créer une rupture avec mon environnement habituel, là où tant de choses se sont passées ces derniers mois. C’est difficile de changer soi-même, d’aller de l’avant, dans les mêmes lieux, avec les mêmes habitudes et la même routine que sa vie d’avant. Je vous écrivais aussi que c’était la première décision que je prenais, depuis des mois, qui résonnait et me faisait vibrer.

Fin du suspense… Mais je pense que vous l’aviez deviné : je ne me suis absolument pas trompée ! J’ai donc pris mes clics et mes clacs le 29 décembre 2025, et suis partie en train puis en navette (le trajet de l’enfer chargée comme un mulet) pour rejoindre l’adorable village de Pralognan-La-Vanoise. Je suis arrivée dans une des semaines les plus chargées, et je n’ai rien compris à ce qui m’arrivait… Tout ce que je sais, c’est que je devais apprendre très vite beaucoup de choses totalement inconnues pour moi, et que je n’ai pas pensé à Kévin pendant des heures, voire des jours, dès la première semaine. J’étais tellement épuisée par ce nouveau rythme à la fin de la journée, que je rentrais manger un truc vite fait et que je m’écroulais dormir…. Sans me réveiller en sursaut avec la boule au ventre à 3h, 4h ou 5h du mat’ comme les 3 précédents mois. Cela fait 5 semaines que ce n’est pas arrivé. Et rien que ça, pétard, c’est une victoire immense sur moi-même !

Le cerveau est bien fait, parce qu’au moment où j’écris ces lignes, j’ai presque oublié la douleur d’il y a seulement un mois. On oublie vite le très douloureux, et heureusement !! Mais du coup, on a aussi tendance à oublier assez vite d’où on vient, et les progrès faits. C’est un peu mon cas, car quand j’ai un moment de rechute, de grande tristesse qui arrive d’un coup, les larmes coulent et je m’en veux. Je me dis que je suis faible, que ça ne passera jamais, bref, je suis dure avec moi-même. Alors que c’est précisément ça la guérison. Et c’est pour cette exacte raison que j’écris ces mots aujourd’hui. Pour dézoomer, pour me prouver à moi-même que j’avance, que je fais mieux de jour en jour, que je GUÉRIS, tout simplement.

On sait que la guérison n’est pas un chemin linéaire, il y a des jours entiers où pas un souvenir ne ressurgit, et il y a d’autres journées où la nostalgie m’enveloppe, où Kévin me manque cruellement, où je n’ai envie que d’une chose : lui parler, lui raconter ma journée. Mais je prends le temps de me poser pendant ces moments-là, de les ressentir, de pleurer. Et après, ça va mieux ! Et ça repart sur des pensées neuves… Jusqu’à la prochaine fois.

Mais une chose est sûre, c’est que je suis extrêmement fière de moi depuis que je suis ici. Et ça aussi, ça faisait très longtemps que ça n’était pas arrivé. Difficile d’être fière de soi quand sa vie part en cacahuète, qu’on avait un beau poste qu’on a décidé de quitter, qu’on n’a pas réussi à faire durer sa première vraie relation, qu’on n’arrive pas à retrouver un job aussi vite que prévu…. Bref, pour être honnête, je me détestais pas mal fin 2025. Et là, je retrouve la personne décidée, combattante et heureuse que je suis. Je me suis vite adaptée à un nouvel environnement de travail, j’ai appris et mis en application plein de nouvelles choses, je me suis ouverte à des personnes très différentes de moi, je me suis dépassée physiquement (que ce soit au magasin parce que c’est un job physique ou pendant mes jours off en découvrant les sports de montagne), j’ai mis mes compétences en com au service des personnes qui m’embauchent, et je continue en plus de tout ça à bosser pour retrouver un job à Paris.

La route est encore longue, les vacances de février arrivent et vont me pousser dans mes retranchements car il parait que c’est une période extrêmement dure ici, et les déprimes et rechutes seront encore nombreuses. Mais c’est en mettant un pas devant l’autre et en faisant de son mieux chaque jour que la guérison complète arrivera ! Et tout le reste suivra, ça j’en suis persuadée.

Alors hauts les coeurs, et encore merci pour votre soutien ❤

Marine