Rubrique musicale rédigée par la plume aiguisée de mon frère Valentin. Bonne écoute 🙂

Hello !

Si le mois de mars nous surprenait encore avec de belles sorties musicales, le mois d’avril lui, est plutôt chiche. Et à un paysage musical déjà moribond s’ajoute la triste vision d’un été sans festivals. Mais dans ce ciel gris, quelques éclaircies : un album attendu depuis 7 ans, et avec lui l’espoir que le mois d’août sauvera peut-être quelques petits plaisirs estivaux. Mais en attendant le 11 mai, restons chez nous, et voici de quoi agrémenter cette semaine vos journées pluvieuses :

The Trigger Quintet – The Trigger Quintet (1995)

The Trigger Quintet – The Trigger Quintet (1995)

Strictement aucune info ne circule sur The Trigger Quintet, sombre groupe emo-punk ayant été actifs entre 1994 et 1995 autour de Austin, Texas. Tout ce qu’on sait, c’est qu’ils représentent l’essence même de ce que l’on peut appeler l’emo-punk : une voix tiraillée qui tend toujours vers le screaming, et des mélodies qui vont au-delà du simple enchaînement de gros riffs crades. Très certainement pas pour tout le monde, mais sans aucun doute une référence pour les adeptes du genre. Disponible uniquement sur Youtube.

Et si je devais écouter une seule chanson ? Kill Me Before I Die

Bedroom – Grow (20 mai 2014)

Bedroom – Grow (20 mai 2014)

Appartenant à un mouvement que certains décrivent comme la « bedroom pop », Bedroom (nom habillement choisi vous l’aurez compris) nous délivrent plus précisément un indie-rock/pop nonchalant, mélancolique, qui rappelle sur certains aspects les anglais de The xx. Parfait pour un dimanche pluvieux de confinement.

Et si je devais écouter une seule chanson ? Nothing Lasts

Skinshape – Oracolo (1er décembre 2015)

Skinshape – Oracolo (1er décembre 2015)

Changement d’ambiance. Sortez votre plus beau patte d’eph’, Skinshape vous fait voyager vers les années insouciantes, les années 60 et 70. Bourrée de référence funk, soul, reggae et blues, la musique du Londonien vous transporte vers une époque révolue. Le temps d’un album, on a d’un coup l’envie d’un feu de camp sur une plage et d’y refaire le monde en bonne compagnie.

Et si je devais écouter une seule chanson ? Left With a Gun

Current Joys – A Different Age (2 mars 2018)

Current Joys – A Different Age (2 mars 2018)

Certains musiciens ne tiennent pas en place, et multiplient les projets, side-project, couter-side-project et j’en passe. Nick Rattigan fait partie de ce genre de personnage. Non content d’être le batteur et chanteur lead de Surf Curse (dont on reparlera très vite), il a décidé en plus de ça de sortir sous le nom de Current Joys des chansons plus personnelles, moins faciles d’accès aussi. A Different Age est un album très touchant, facilement un des meilleurs sortis en 2018. Jusqu’à s’étonner qu’il soit resté si inaperçu hors des sentiers indie.

Et si je devais écouter une seule chanson ? In A Year of 13 Moons

CASTLEBEAT – VHS (28 mars 2018)

CASTLEBEAT – VHS (28 mars 2018)

Autre membre du mouvement bedroom pop, CASTLEBEAT tire plus ses influences du côté de la musique électronique plutôt que de l’indie rock. Le résultat nous donne des mélodies entêtantes, guitare en tête, à rapprocher souvent de ce que fait Tycho. Parfait pour ceux qui trouveraient Bedroom trop rock.

Et si je devais écouter une seule chanson ? Here

The Strokes – The New Abnormal (10 avril 2020)

The Strokes – The New Abnormal (10 avril 2020)

Malgré mon immense déception après avoir vu en live les Strokes été 2019 (et je pèse mes mots), j’attendais tout de même cet album non pas avec impatience, mais plutôt avec curiosité. Les 7 ans d’attente pour ce nouvel effort studio étaient-ils mérités ? Faut-il s’attendre à un nouveau chef d’œuvre des new-yorkais ? Julian Casablancas a-t-il décuvé ?

Autant de questions qui méritent une réponse. Trêve de tergiversations, cet album au demeurant très intéressant laisse une légère amertume en fin d’écoute. Si certaines chansons sont extrêmement bien menées et démontrent encore (s’il le fallait) le génie d’écriture de Casablancas (la mélodie en voix de tête sur le refrain de Selfless ; l’ensemble de Bad Decisions qui donne vraiment l’impression de revenir 10 ans en arrière et de redécouvrir le groupe…), certaines parties de l’album laissent vraiment une impression de flemme, de manque de dynamisme et d’idées neuves (Eternal Summer, ou encore « Why Sundays Are Always So Depressing ? » qui donne l’impression de manquer 20 points de BPM). En somme, cet album, c’est un peu une gueule de bois post nouvel-an : un mélange de fait accompli et de nostalgie de la soirée passée, le tout avec un goût amer en bouche. Comme si Julian voulait nous emmener décuver avec lui.

Et si je devais écouter une seule chanson ? Selfless

Bonne écoute !

Valentin